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Qu’est-ce que la littérature ?, Jean-Paul Sartre (Gallimard, París, 2008)

Qu’est-ce que la littérature ?, Jean-Paul Sartre

Littérature d’auteur

Essayer de définir ce que c’est ou ce que nous entendons par littérature, dans ce monde qui est le nôtre non seulement liquide, mais confus et délibérément confus, où tout est mélangé et tout semble pareil, où les ouvres d’auteur et les ouvres de distraction elles partagent les tables des librairies comme si rien ne les différenciait pas, est compliqué, très compliquée. À tel point qu’ils sont peu, très peu ces qui osent essayer de la définir. Et, encore moins, ceux qui osent dire qu’une bonne partie de ce qu’on veut nous présenter comme littérature — comme littérature littérature ; comme ce que nous pourrions appeler littérature d’auteur — elle ne l’est pas ; ou du moins, elle ne l’est pas du tout.

Comme bien nous indique sa fille, Arlette Elkaïm-Satrte dans le prologue, c’est entre février et juillet d’un très lointain 1947 que Jean-Paul Sartre publie la première version de ce qui finirait par être Qu’est-ce que la littérature ? au magazine « Les Temps modernes ». À une époque, donc, où la division du monde occidental entre deux blocs, le capitaliste avec les États-Unis à la tête et le prétendu communiste avec l’Union soviétique à la tête invitait à prendre parti, à s’engager.

Un besoin que le penseur français a profondément ressenti, qui lui a causé beaucoup de critiques à l’époque et qui, vu dans la perspective actuelle, après le déclin monumental que le prétendu réalisme social soviétique il signifiait pour la littérature russe et slave en général, elle n’est plus remise en cause, mais dépassée, déplacée.

Nous savons depuis longtemps — ou plutôt que nous devrions le savoir : le marketing et les listes des meilleures ventes ont fait, à cet égard, un mal inquantifiable (et, peut-être, irréversible) — que l’art ne peut pas avoir une autre fonction et but, aucune autre raison d’être, que lui-même. Que l’art (et, par conséquent, avec lui, la littérature, l’art littéraire) ne peut se servir que lui-même. Que l’art n’est pas — il ne peut pas ; cela ne devrait pas être — un moyen, mais une fin en soi. Que l’art ne dit pas, ne signifie pas, mais qu’il est.

C’est pourquoi il vaut la peine de garder à l’esprit, et bien le garder, un livre comme celui-ci. Surtout, ses deux premiers chapitres (“Qu’est-ce que l’écriture ?” et “Pourquoi écrire ?”) et le début du troisième (“Pour qui écrit-on ?”). Parce que, à partir du moment qu’il s’écarte de son but initial, qu’il mène une étude historique, ou plutôt historiciste, de la littérature, à partir du moment où il commence a empreindre la défense de le besoin d’engagement de l’écrivain, il perd beaucoup de sa force et de son intérêt.

Une force et un intérêt qui, à partir de la page 90, il ne reprendra qu’occasionnellement. Cela signifie que, bien que la plupart des pages elles puissent nous paraître lourdes — pour ne pas dire superflues — à partir de ce point et que, par conséquent, nous pourrions être tentés de les bannir, on ne peut pas recommander que nous les bannions.

Car, quelle que soit la part des 200 dernières pages qui, aujourd’hui, puisse nous paraître inutile, lorsqu’il parvient à se concentrer sur ce qui est strictement littéraire, ce qu’il écrit est aussi juste qu’intéressant. Intéressant car, quand il parvient à se libérer de sa volonté de convaincre, de faire sa prédication prosélytiste, on retrouve le grand penseur qu’il a toujours été ; quelqu’un qui réfléchit beaucoup avant de dire ou d’écrire quoi que ce soit, quelqu’un qui apporte de précieuses contributions personnelles, au lieu de la malheureuse habitude, si habituelle, de simplement répéter et rerépéter ce que les autres ont dit avant lui. Et quand il y pense, il le fait, la fois, avec jugement et précision.

Par exemple, lors de l’analyse de la différence qu’il y a — et qu’il faut qu’il y ait — entre le roman précédent et celui de son époque :

« Dans le monde stable du roman français d’avant-guerre, l’auteur, placé en un point gamma qui figurait le repos absolu, disposait de repères fixes pour déterminer les mouvements de ses personnages. Mais nous, embarqués sur un système en pleine évolution, nous ne pouvions connaître que des mouvements relatifs ; au lieu que nos prédécesseurs croyaient se tenir en dehors de l’Histoire et s’étaient élevés d’un coup d’aile à des cimes d’où ils jugeaient les coups en vérité, les circonstances nous avaient replongés dans notre temps : comment donc eussions-nous pu le voir d’ensemble, puisque nous étions dedans ? » (p. 224).

Quant aux deux premiers chapitres, je peux seulement dire qu’ils sont une lecture hautement recommandée pour quiconque veut savoir qu’est-ce qu’est la littérature ?, la littérature considérée comme une belle art, considéré comme création artistique, comme expression de personnalité ou individualité. Pour tous ceux qui n’ont pas (suffisamment) clair, encore, ce qui différencie l’écriture de distraction de l’écriture littéraire, de l’écriture de connaissance et de re-connaissance. De celle qui, en fait, est la seule que nous devrions accepter de définir comme littéraire.

Littérature comme art de la prose : « La prose est d’abord une attitude d’esprit : il y a prose quand, pour parler comme Valéry, le mot passe à travers notre regard comme le verre au travers du soleil » (p. 26). La littérature comme art du mot, du dire. Du dire d’une certaine manière : « On n’est pas écrivain pour avoir choisi de dire certaines choses mais pour avoir choisi de les dire d’une certaine façon. Et le style, bien sûr, fait la valeur de la prose » (p. 30).

Encore plus, du dire, non seulement d’une certaine manière, artistiquement, avec le jeu — avec le jeu, le feu et le lieu — des mots, mais comme s’il n’y avait pas eu de préparation ou d’intervention d’auteur. Ou, plus exactement, comme si cela ne pouvait être dit autrement, comme si, ne l’étant en aucune façon, ce qui a été écrit ne pouvait être plus direct, plus automatique, plus naturel : « Mais il doit passer inaperçu. Puisque les mots sont transparents et que le regard les traverse, il serait absurde de glisser parmi eux des vitres dépolies. […] [D]ans un livre [la beauté] elle se cache, elle agit par persuasion […], elle ne contraint pas, elle incline sans qu’on s’en doute et l’on croit céder aux arguments quand on est sollicité par un charme qu’on ne voit pas » (Idem.).

Lire Qu’est-ce que la littérature ? — que, si je ne me trompe pas, il n’est encore traduit au catalan — nous aidera à (bien) lire. Au moins, à savoir ce que nous lisons. Et, donc, à choisir. À choisir si nous voulons lire juste pour passer un bon moment, pour nous distraire, ou bien si nous voulons le faire pour profiter d’un bon moment et, en même temps, nous plonger dans les eaux toujours profondes, brumeuses et contradictoires de la condition humaine.

jeudi, 21 d’octubre del mmxx

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Qu’est-ce que la littérature ?, Jean-Paul Sartre (Gallimard, París, 2008)

Qu’est-ce que la littérature ?, Jean-Paul Sartre

Literatura d’autor

Assajar de definir que és o què entenem per literatura, en aquest món nostre no tan sols líquid, sinó confús i volgudament confús, on tot es barreja i tot sembla igual, on l’obra d’autor i l’obra d’entreteniment comparteixen la mateixa taula de llibreria com si res les diferenciés, és complicat, molt complicat. Tant que són pocs, ben pocs, els que s’atreveixen a intentar-ho. I, encara menys, els que gosen dir que una bona part del que se’ns vol presentar com a literatura —com a literatura literatura; com el que en podríem dir literatura d’autor— no ho és; o, almenys, no ho acaba d’ésser.

Com ens indica la seva filla, Arlette Elkaïm-Satrte al pròleg, fou entre els mesos de febrer a juliol d’un ja molt llunyà 1947 que Jean-Paul Sartre publicà la primera versió del que acabaria essent Qu’est-ce que la littérature ? (Folio Gallimard, 2008) a la revista “Les Temps modernes”. En una època, doncs, on la divisió del món occidental entre dos blocs, el capitalista encapçalat pels Estats Units i el suposadament comunista encapçalat per la Unió Soviètica convidava a prendre partit, a esdevenir engagée.

Una necessitat que el pensador francès sentia profundament, que li va suposar moltes crítiques en el seu moment i que, vista des de la perspectiva actual, després de la davallada monumental que l’anomenat realisme social soviètic suposà per a la literatura russa i eslava en general, ha quedat no ja posada en entredit, sinó superada, desfasada, fora de lloc.

Ja fa temps que sabem —o, més aviat, que hauríem de saber: el màrqueting i les llistes de més venuts han fet, en aquest aspecte, un mal inquantificable (i, potser, irreversible)— que l’art no pot tenir altra funció i objectiu, cap altra raó d’ésser, que ell mateix. Que l’art (i, en conseqüència, amb ell, la literatura, l’art literari) només pot servir-se a ell mateix. Que l’art no és —no pot; no hauria d’ésser— un mitjà, sinó una finalitat en ell mateix. Que l’art no diu, no significa, sinó que és.

Raó per la qual convé tenir present, i ben present, un llibre com aquest. Sobretot, els seus dos primers capítols («Qu’est-ce qu’écrire ?» i «Pourquoi écrire ?») i el començament del tercer («Pour qui écrit-on ?»), atès que a partir del moment que es desvia del seu propòsit inicial, du a terme un estudi històric, o més aviat historicista, de la literatura, a partir del moment que inicia la defensa la necessitat de compromís de l’escriptor, perd bona part de la seva força i del seu interès.

Una força i un interès que, des de la pàgina 90 en endavant, únicament recuperarà ocasionalment. La qual cosa implica que, malgrat que siguin majoria les pàgines que, des d’aquest punt, ens puguin semblar feixugues —per no dir, sobreres— i que, per això, puguem sentir la temptació de bandejar-les, no gaire sigui recomanable fer-ho.

Perquè, per més que una gran part de les 200 pàgines finals puguin semblar-nos prescindibles, avui en dia, quan reïx a centrar-se en el que és estrictament literari, el que escriu és tant encertat com interessant. Interessant perquè, quan  aconsegueix alliberar-se de la seva voluntat de convèncer, de prèdica proselitista, recobrem el gran pensador que sempre va ésser; algú que reflexiona força abans de dir o escriure res, algú que fa valuoses aportacions personals, en comptes del malaurat hàbit de limitar-se a repetir i rerepetir el que d’altres han dit abans que ell. I que, quan reflexiona, ho fa amb tant de criteri com d’encert.

Per exemple, quan analitza la diferència que hi ha —i hi ha d’haver, per força— entre la novel·la anterior i la del seu temps:

«Dans le monde stable du roman français d’avant-guerre, l’auteur, placé en un point gamma qui figurait le repos absolu, disposait de repères fixes pour déterminer les mouvements de ses personnages. Mais nous, embarqués sur un système en pleine évolution, nous ne pouvions connaître que des mouvements relatifs; au lieu que nos prédécesseurs croyaient se tenir en dehors de l’Histoire et s’étaient élevés d’un coup d’aile à des cimes d’où ils jugeaient les coups en vérité, les circonstances nous avaient replongés dans notre temps : comment donc eussions-nous pu le voir d’ensemble, puisque nous étions dedans?[1]» (p. 224).

Pel que fa als dos primers capítols, només puc dir que són una lectura del tot recomanable per a qui tingui interès en saber què és la literatura?, la literatura entesa com a bella art, entesa com a creació artística, com a expressió de la personalitat o individualitat. Per a tots aquells que no tingui (prou) clar, encara, el què diferencia l’escriptura d’entreteniment de l’escriptura literària, de l’escriptura de coneixement i de re-coneixement. D’aquella que, en realitat, és l’única que hauríem de convenir en definir com a literària.

Literatura com a art de la prosa: “La prose est d abord une attitude d esprit : il y a prose quand, pour parler comme Valéry, le mot passe à travers notre regard comme le verre au travers du soleil[2]” (p. 26). Literatura com a art de la paraula, del dir. Del dir d’una determinada manera: “On n’est pas écrivain pour avoir choisi de dire certaines choses mais pour avoir choisi de les dire d’une certaine façon. Et le style, bien sûr, fait la valeur de la prose[3]” (p. 30).

Més encara, de dir-la, no tan sols d’una determinada manera, artística, amb el joc —amb el joc, el foc i el lloc— de les paraules, sinó com si no hagués existit cap preparació o intervenció de l’autor. O, més exactament, com si allò no es pogués dir de cap altra manera, com si, no essent-ho gens, el que s’ha escrit no pogués ésser més directe, més automàtic, més natural: “Mais il doit passer inaperçu. Puisque les mots sont transparents et que le regard les traverse, il serait absurde de glisser parmi eux des vitres dépolies. […] [D]ans un livre [la beauté] elle se cache, elle agit par persuasion […], elle ne contraint pas, elle incline sans qu’on s’en doute et l’on croit céder aux arguments quand on est sollicité par un charme qu’on ne voit pas[4]” (Íd.).

Llegir Qu’est-ce que la littérature ? —que, si no m’erro, no ha estat traduït al català— ens ajudarà a llegir (bé). Si més no, a saber què llegim. I, per tant, a escollir. A escollir si volem llegir tan sols per passar una bona estona, per entretenir-nos, o bé si volem fer-ho per gaudir d’una bona estona i, al mateix temps, submergir-nos en les aigües sempre pregones, tèrboles i contradictòries de la condició humana.

dimecres 21 d’octubre del mmxx

***
La (proposta de) traducció és meva.

[1] “En el món estable de la novel·la francesa d’abans de la guerra, l’autor, situat en un punt gamma que representava el repòs absolut, disposava de referències fixes per determinar els moviments dels seus personatges. Però nosaltres, embarcats en un sistema en plena evolució, no podem conèixer més que els moviments relatius; metre els nostres predecessors creien mantenir-se fora de la Històira i s’havien alçat d’un cop d’ala als cims des d’on segurament jutjaven els cops, a nosaltres les circumstàncies ens havien tornat a submergir al nostre temps: com, doncs, hauríem pogut veure-ho globalment, si hi érem dins?
[2] “La prosa es d’entrada una actitud d’esperit: hi ha prosa quan, per dir-ho com Valéry, la paraula passa a través de la nostra mirada com el vidre a través del sol”
[3] “No s’és escriptor per haver escollit dir algunes coses, sinó per haver escollit dir-les d’una certa manera. I l’estil, és clar,  confereix el valor a la prosa”
[4] “Però ha de passar desapercebut. Atès que les paraules són transparents i que la mirada les travessa, seria absurd fer lliscar entremig vidres gebrats. […] [E]n un llibre [la bellesa] s’amaga, actua per persuasió […], no obliga, ens incita sens que ens n’adonem i creiem cedir als arguments quan el que ens atreu és un encís que no es veu.”

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