Skip to content

Xavier Serrahima: el racó de la paraula

Anàlisi i orientació literària

Théo à jamais, Louise Dupré, Éditions Héliotrope, 2020

Théo à jamais, Louise Dupré, Éditions Héliotrope, (Montréal, 2020)

Posted on octubre 4, 2020 By Xavier Serrahima No hi ha comentaris a Théo à jamais, Louise Dupré, Éditions Héliotrope, (Montréal, 2020)

Théo à jamais, Louise Dupré 

Apprendre a revivre

Nous vivons dans un monde de plus en plus confus. Un monde en déséquilibre permanent. Cela nous déséquilibre. En fait, plus que nous déséquilibrer, il nous rapproche de plus en plus de l’abîme. De l’abîme du désespoir, de la folie. Du chemin qui, une fois entreprit, n’a plus de retour en arrière. Un monde fou et folâtre qui finit par nous faire considérer comme normal ce qui devrait continuer à être extraordinaire. Ce qui nous amène à accepter ce qui devrait (démurer) inacceptable. Et, ce qui est beaucoup plus grave, encore : que nous finissions par l’accepter comme inévitable.

Théo à jamais, Louise Dupré, Éditions Héliotrope, 2020Avec Théo à jamais, Louise Dupré, Éditions Héliotrope, 2020, poursuit le questionnement sur l’horreur (et les horreurs) qu’elle a commencé avec Plus haut que les flammes. Une question, toujours ouverte, qui soulève ce qui peut conduire une personne à en tuer une autre. Considérer, comment Hannah Arendt a fait à Eichmann à Jérusalem : un rapport sur la banalité du mal, qu’est-ce qu’avait conduit a devenir des exterminateurs nazis des gens en principe normaux, sans aucune prédisposition particulière au mal, à des gens que personne n’aurait jamais dit qu’ils pourraient blesser une mouche.

Dans ce cas, la question se fonde sur un fait que je suis obligé de révéler même si je n’aime pas avancer l’argument. Dans ce cas, j’ai peur que si je veux me faire comprendre, je n’ai pas d’autre choix que de le faire. Karl, un conférencier québécois invité par l’Université de Miami est tiré par son fils Theo. Le père ne meurt pas, mais le fils meurt, abattu par un policier du campus. Lorsque Béatrice, épouse de Karl et mère adoptive de Théo, reçoit un appel pour l’informer de ce qui s’est passé, elle prend le premier vol pour la capitale de la Floride.

Inutile de dire que si l’auteur place cet événement si sauvage aux États-Unis et non au Québec, c’est simplement pour donner à l’histoire une plausibilité qu’elle n’aurait pas pu avoir autrement. Parce que “ dans notre petite ville, les fils ne tuaient personne ” (p. 32); “ les méchants, on n’en imaginait pas dans notre voisinage ” (p. 84); et, d’un autre côté, et malheureusement, les coups de feu de jeunes aux États-Unis sont tellement courantes qu’elles sont presque devenues une réalité quotidienne. D’autant plus que son président, Donald Trump, au lieu de s’attaquer au problème, préfère ne pas plus agir, comme Ponce Pilate, et regarder ailleurs, mais lui en retirer de l’importance.

La plupart des romanciers contemporains ils auraient transformé un fait comme celui-ci en tragédie. Ou, plus que en une tragédie, en un spectacle morbide violent et sanguinaire, destiné à attirer le plus de lecteurs possible. Restant donc dans une superficialité gratuite qui non seulement n’aurait rien d’artistique, mais contribuerait probablement plus à répandre le mal qu’à l’apaiser. Ou, pour le dire autrement, à le dévaloriser, à oublier —consciemment— sa dimension morale.

Louise DupréEt, quand je dis «dimension morale», je me réfère, bien entendu, à sa dimension humaine aussi évidente qu’essentielle. Qui, en fait, devrait être la seule chose qui compte pour l’artiste, pour le créateur artistique : offrir son portrait ou son image de la condition humaine —plus précisément, des conditions humaines.

Cependant, malheureusement, cela fait trop longtemps, déjà, que c’est (une immense?) majorité d’auteurs qui, au lieu de faire ou d’écrire de la littérature, se bornent à écrire des histoires. Qui, donc, confondent le moyen, l’histoire ou le roman, avec le but : offrir sa vision du monde. Et surtout, l’offrir comme eux et eux seuls peuvent le faire, comme leur besoin intérieur leur dicte.

Heureusement, comme tous les vrais auteurs, Dupré n’écrit pas par volonté, mais par besoin. Parce que l’écriture lui est nécessaire humainement et personnellement. Parce qu’elle écrit pour vivre et vit pour écrire. En général et en particulier. En général, parce qu’elle ne concevrait pas la vie sans pouvoir l’analyser ou l’interroger à travers (la catharsis de) l’écriture. En particulier, parce que lorsqu’elle commence une œuvre, ce n’est pas parce qu’elle veut le faire, mais parce qu’elle ressent le besoin de le faire. Pour le dire plus précisément : parce qu’elle s’y sent appelée ; parce qu’elle ne peut pas s’en empêcher.

Sans doute, cette fois aussi, Théo a jamais est né de ce besoin. La nécessité de se poser —plutôt d’analyser— la question que j’ai indiquée au début : qu’est-de que peut conduire une personne —et, plus encore, une personne jeune— à vouloir en tuer une autre ? Un besoin qui, réellement, commence ou à le germe dans une autre question, beaucoup plus angoissante et inquiétante : quel genre de société malade construisons-nous —ou, du moins, permettons-nous aux autres de construire— parmi nous tous ? Et surtout, comment c’est-ce que nous le permettons comme si c’était la chose la plus normale du monde, sans nous déranger ?

Une interrogation qui est, bien sûr, existentielle car elle se développe (et s’exprime) artistiquement, littérairement. Et elle le fait du point de vue de Bérénice, la mère adoptive du fils qui a tiré sur son père avec l’intention de le tuer. Un point de vue que, pour le dire avec les mots de la première phrase du roman, est “ dru, dur, [et] déterminé ” (p. 9), qui n’hésite pas à nous conduire jusqu’à les abîmes les plus sombres de l’âme, mais qui, en même temps, est très riche, littéraire.

Avec un style —juste la première phrase suffit pour se rendre compte : “Il pleuvait, une pluie drue, dure, déterminée, qui tambourinait dans la fenêtre devant ma table de travail, une pluie sans pitié, une pluie comme au cinéma, quand on veut nous préparer à une catastrophe” (Íd.) — aussi simple qu’exacte, aussi exacte que belle, aussi belle que saisissante, aussi saisissante que profonde, aussi profonde qu’ouverte, aussi ouverte qu’éclairante, aussi éclairante qu’interrogative.

Un style simple, presque au niveau du sol, libéré de tout cultisme ou grandiloquence, si simple, si et si proche, si et si naturel qu’il est plus que probable qu’il y ait ceux qui le méprisent ou le critiquent comme trop simple, comme rien (ou bien peu) littéraire. Pourtant je crois que quiconque qu’ose le faire, n’aura pas en considération deux raisons essentielles. Premièrement, qu’en général, et malgré que la majorité puisse penser le contraire, compliquer artificiellement ce qui est —et devait (devrait) être— facile est très facile ; ce qui n’est plus compliqué, mais très compliqué, c’est de faire (paraître) facile ce qui est difficile. Car, malgré que à première vue, il puisse paraitre paradoxal, il n’y a rien de plus difficile que d’écrire avec simplicité.

Une simplicité, toujours théorique, toujours travaillée, qui nous plonge, directement, dans les abîmes les plus profonds de l’âme humaine. Un abîme qui est, avant tout, celui de la culpabilité. Le sentiment de culpabilité qui, si un événement grave survient, est inextricablement associé à la condition de la mère ou du père : « Qu’est-ce que j’ai / fait de mal ? » ; « Où est-que je me/ nous nous sommes-nous trompé/s ? » Une culpabilité qui, dans ce cas, est liée et repose sur une question : « Pourquoi —ou, parce que— je ne le savais pas à temps ? ». Et dans une idée obsessionnelle : « En tant que mère / père j’avais l’obligation de le savoir ! ».

Comme je l’ai dit, tout ce choc —et en même temps, ce jeu— d’émotions et de sentiments nous est transmis par la mère adoptive de Théo. A travers la narration que elle écrit “deux ans mainenant, à quelques jours près” : “ J’éscris pour arriver à nommer une fois pour toutes ce que j’ai éprouvé ” (p. 42). Avec un seul, essentiel, objectif (plutôt besoin) : “ Je souhaite que l’éscriture me permette de comprendre la violence de Théo ” (p. 43); “ Je ressens le besoin d’aler au fond des choses pour avoir l’impression de comprendre ” (p. 83).

Parce que, malgré que nous savons, consciemment, qu’il y a beaucoup de choses que nous ne comprendrons jamais —et, dans des circonstances normales, cet s’est peut-être l’un des plus grands cadeaux de la vie— quand quelque chose se brise, quand “ rien ne s’est passé comme prévu ” (p. 73), nous ressentons le besoin urgent de savoir : “ Qu’est-de qui a pu délencher la colère de Theo à l’égard de son père? […] Chaque fois que j’y peense, il me vient un sentiment d’incomprension. D’injustice ” (p. 43).

Surtout, et plus encore, nous tous ceux qui sommes, d’une manière ou d’une autre, héritiers de Nietzsche : “ Si j’avais été croyante, j’aurais pu implorer Dieu, m’en remettre à l’ordre inaltérable de l’univers ” (p. 61). Ceux qui, bons disciples de Dostoïevski, nous savons que si dieu est mort tout, absolument tout, même le pire des crimes, est possible. Et que, pour cette raison et comme conséquence terrifiante, aussi tout, absolument tout, dépend de nous et seulement de nous ; que nous et nous seuls sommes les responsables de nos actes.

De nos actes ou, comme dans le cas de Bérnice et de Karl, principalement, des nôtres inactions : “ Si j’avais été plus perspicace, nous n’en serions, peut-être là ” (p. 31); “ je le pensais vraiment, nous aurions dû faire quelque chose. Nous étions responsables de ce qui venait d’arriver ” (Íd.); “ Si j’avais insisté, Théo serait encore parmi nous et Karl, dans son laboratoire ” (p. 37); “ Je n’avais soupçonné l’ampleur de sa haine, et je ne me le pardonnais pas ” (p. 66); “ J’aurais dû me montrer plus ferme, insister pou que Karl réagisse ” (p. 69); “ J’avais abandonné Théo a son sort. J’aurais dû l’empêcher de partir pour Miami ” (p. 86).

Et, pour essayer de se débarrasser de la culpabilité —ce qui, dans le cas d’un père ou d’une mère, j’ai très peur que ce ne soit pas, simplement, une impossibilité, mais, si vous me permettez de le dire ainsi, une impossibilité congénitale ou ontologique— il nous faut faire tout ce qui est à nôtre portée pour comprendre : “ Ne pas comprendre, c’était pour moi le pire ” (p. 53). Car, si nous sommes mères ou pères, nous n’aurons, uniquement, qu’une petite, presque insignifiante, rêvé, presque chimérique, opportunité de nous pardonner : comprendre, dans la mesure où cela est faisable, qu’est-ce qu’avait passé

Comprendre par (et pour) le dialogue. De ce dialogue, qui est, en fait, le récit écrit par Béatrice. Un dialogue socratique, avec vous-même et, en même temps, avec les autres. Où peut-être devrais-je le dire à l’envers : un dialogue socratique avec les autres qui mène à un dialogue avec vous-même. Avec la diversité de vous-même, que, en fait, c’est nous tous.

Car, aussi bien que la première des grandes découvertes de Théo a jamais c’est que, dans les choses importantes, les questions que l’on se pose sont —ou plutôt finissent par être— des “ questions sans réponse ” (p. 80), la seconde probablement c’est que non seulement nous ne pouvons —ni pourrons— pas jamais connaître les autres complètement, mais que, aussi, nous ne pouvons —ni pourrons— pas nous connaître nous-mêmes.

Une combinaison donc des deux principes fondamentaux de Socrate : «  Ce que je sais, c’est que je ne sais rien » (plus précisément : « Plus je sais, plus je réalise le très peu que je peux savoir ») et ce de l’oracle de Deflos : « Gnothi seauton » (« Connais-toi toi-même »).

Je pourrais, bien sûr, continuer à parler et à parler de ce livre. De ce livre aussi frappant qu’attrayant, qui, avec une prose aussi simple que puissante, nous rappelle que tout est provisionnel, que nous sommes aussi fragiles que des coupes à champagne: “ L’impression d’avancer, les yeux bandées, sur un fil de fer rouillé qui menaçait à chaque moment de se rompre ” (p. 61), et que “souvent, ce qu’on ne réussit pas à identifier nous empoisonne la vie” (p. 85).

Je pourrais le faire, mais je pense qu’il est beaucoup plus opportun —presque nécessaire— d’ajouter simplement que si vous ne l’avez pas encore lu, la meilleure chose que vous pouvez faire est de vous dépêcher de visiter votre librairie de garde et de le demander.

Et, si votre connaissance de la langue française vous permet de vous y plonger directement, mettez quelques bougies sur tous les dieux et déesses littéraires que vous connaissez pour qu’un éditeur dans votre langue décide de le publier.

divendres, 2 d’octubre del mmxx

© Xavier Serrahima 2020

www.racodelaparaula.cat
www.xavierserrrahima.cat
@Xavierserrahima
orcid.org/0000-0003-3528-4499

Altres anàlisis literàries d’obres de Louise Dupré:

♠ Plus haut que les flammes
♣ L'album multicolore
♥ L'àlbum multicolor
♦ Més amunt que les flames
♠ Presentació de Més amunt que les flames

Llicència de Creative CommonsAquesta obra de Xavier Serrahima està subjecta a una llicència de Attribution-NonCommercial-NoDerivatives 4.0 Internacional de Creative Commons

Lectures: 1
Compte rendu littéraire, Dupré, Louise, Novel·la Tags:compte rendu, compte-rendu litteraire, Éditions Héliotrope, éscrire, lire, littérature, littérature québequoisse, Louise Dupré, Quèbec, roman, Théo à jamais

Navegació d'entrades

Previous Post: Encuentro con libros, Stefan Zweig
Next Post: Théo à jamais, Louise Dupré, Éditions Héliotrope, (Montréal, 2020)

Deixa un comentari Cancel·la les respostes

L'adreça electrònica no es publicarà. Els camps necessaris estan marcats amb *

Archives

  • gener 2026
  • juliol 2025
  • març 2025
  • febrer 2025
  • desembre 2024
  • novembre 2024
  • octubre 2024
  • juny 2024
  • maig 2024
  • abril 2024
  • març 2024
  • octubre 2023
  • setembre 2023
  • juliol 2023
  • juny 2023
  • maig 2023
  • abril 2023
  • març 2023
  • febrer 2023
  • gener 2023
  • desembre 2022
  • novembre 2022
  • octubre 2022
  • setembre 2022
  • agost 2022
  • juny 2022
  • maig 2022
  • abril 2022
  • març 2022
  • febrer 2022
  • gener 2022
  • desembre 2021
  • novembre 2021
  • octubre 2021
  • setembre 2021
  • juliol 2021
  • juny 2021
  • maig 2021
  • abril 2021
  • març 2021
  • febrer 2021
  • gener 2021
  • desembre 2020
  • novembre 2020
  • octubre 2020
  • juliol 2020
  • juny 2020
  • maig 2020
  • abril 2020
  • març 2020
  • febrer 2020
  • gener 2020
  • desembre 2019
  • novembre 2019
  • octubre 2019
  • setembre 2019
  • juliol 2019
  • juny 2019
  • maig 2019
  • abril 2019
  • març 2019
  • febrer 2019
  • gener 2019
  • desembre 2018
  • novembre 2018
  • octubre 2018
  • setembre 2018
  • juliol 2018
  • juny 2018
  • maig 2018
  • abril 2018
  • març 2018
  • febrer 2018
  • gener 2018
  • desembre 2017
  • novembre 2017
  • octubre 2017
  • setembre 2017
  • agost 2017
  • juliol 2017
  • juny 2017
  • maig 2017
  • abril 2017
  • març 2017
  • febrer 2017
  • gener 2017
  • desembre 2016
  • novembre 2016
  • octubre 2016
  • setembre 2016
  • agost 2016
  • juliol 2016
  • juny 2016
  • maig 2016
  • abril 2016
  • març 2016
  • febrer 2016
  • gener 2016
  • desembre 2015
  • novembre 2015
  • octubre 2015
  • setembre 2015
  • juliol 2015
  • juny 2015
  • maig 2015
  • abril 2015
  • març 2015
  • febrer 2015
  • gener 2015
  • desembre 2014
  • novembre 2014
  • octubre 2014
  • setembre 2014
  • agost 2014
  • juliol 2014
  • juny 2014
  • maig 2014
  • abril 2014
  • març 2014
  • febrer 2014
  • gener 2014
  • desembre 2013
  • novembre 2013
  • octubre 2013
  • setembre 2013
  • agost 2013
  • juliol 2013
  • juny 2013
  • maig 2013
  • abril 2013
  • març 2013
  • febrer 2013
  • gener 2013
  • desembre 2012
  • novembre 2012
  • octubre 2012
  • setembre 2012
  • agost 2012
  • juliol 2012
  • juny 2012
  • maig 2012
  • abril 2012
  • març 2012
  • febrer 2012
  • gener 2012
  • desembre 2011
  • novembre 2011
  • octubre 2011
  • setembre 2011
  • agost 2011
  • juliol 2011
  • juny 2011
  • maig 2011
  • abril 2011
  • març 2011
  • febrer 2011
  • gener 2011
  • desembre 2010
  • novembre 2010
  • octubre 2010
  • setembre 2010
  • agost 2010
  • juliol 2010
  • juny 2010
  • maig 2010
  • abril 2010
  • març 2010
  • febrer 2010
  • gener 2010
  • desembre 2009
  • novembre 2009
  • octubre 2009
  • setembre 2009
  • agost 2009
  • juliol 2009
  • juny 2009
  • maig 2009
  • abril 2009
  • març 2009
  • febrer 2009
  • gener 2009
  • desembre 2008
  • novembre 2008
  • octubre 2008
  • setembre 2008
  • agost 2008
  • juliol 2008
  • juny 2008
  • maig 2008
  • abril 2008

Categories

  • Adam, Miquel
  • Aksiònov, Vassili
  • Albert, Caterina
  • Alcàntara, Sílvia
  • Aleksiévitx, Svetlana
  • Aleramo, Sibilla
  • Altres
  • Aluja i Font, Susagna
  • Amado, Jorge
  • Amat-Piniella, Joaquim
  • Ammaniti, Niccolò
  • Andreas-Salomé, Lou
  • Andréiev, Leonid
  • Arbonès, Jordi
  • Arendt, Hannah
  • Argullol, Rafael
  • Aristòtil
  • Arséniev, Vladímir
  • Assaig
  • Assaig literari
  • Austen, Jane
  • Auster, Paul
  • Autobiografia
  • Bach, Josep-Ramon
  • Bakker, Gerbrand
  • Balzac, Honoré de
  • Baram, Nir
  • Barbal, Maria
  • Bardera Poch, Damià
  • Barrera, Heribert
  • Barrett, Colin
  • Barry, Sebastian
  • Bartra, Agustí
  • Baudelaire, Charles
  • Bauman, Zygmunt
  • Benavente, Jaume
  • Benjamin, Walter
  • Bernhard, Thomas
  • Bertrana, Prudenci
  • Bezmozgis, David
  • Biografia
  • Bladé i Desumvila, Artur
  • Blandiana, Ana
  • Blumenberg, Hans
  • Bobbio, Norberto
  • Bond, Michael
  • Bosch, Ramon
  • Brodsky, Joseph
  • Broggi, Marc Antoni
  • Broggi, Moisès
  • Brontë, Anne
  • Bueno, David
  • Bufalino, Gesualdo
  • Busquets, Milena
  • Buten, Howard
  • Cabré, Jaume
  • Cabré, Jordi
  • Calders, Pere
  • Calvo, Lluís
  • Campana, Dino
  • Camps Mundó, Carles
  • Candel, Francisco
  • Canyelles, Neus
  • Čapek, Karel
  • Carbonell, Àngel
  • Casals, Lluís
  • Castellà
  • Castellet, Josep Maria
  • Castells, Ada
  • Català
  • Català, Rosa
  • Céline, Louis-Ferdinand
  • Chandler, Raymond
  • Chesterton, G. K.
  • Cirici, David
  • Citacions literàries
  • Clapés, Antoni
  • Coca, Jordi
  • Coetzee, J.M.
  • Cohen, Richard
  • Compagnon, Antoine
  • Compte rendu littéraire
  • Constantine, Barbara
  • Coromines, Joan
  • Cortés, Santi
  • Couto, Mia
  • criatures
  • Crítica literària
  • Cròniques literàries
  • Cuatrecasas, Llibert
  • Cunningham, Michael
  • Dahl, Roald
  • Dalí, Anna Maria
  • DD. AA.
  • Deulofeu, Alexandre
  • Dickens, Charles
  • Dietaris, diaris, memòries o quaderns
  • Doctorow, E.L.
  • Dostoievski, Fiódor
  • Dovlàtov, Serguei
  • Ducharme, Réjean
  • Dumas fill, Alexandre
  • Dupré, Louise
  • Duran i Ferrer, Joan
  • Duras, Marguerite
  • Dürrenmatt, Friedrich
  • Echenoz, Jean
  • Editorial Minúscula
  • Eggers, Dave
  • El Hachmi, Najat
  • Eliot, T.S.
  • Entrevistes
  • Epistolari
  • Escoda, Ferran
  • Espunyes, Josep
  • Fallada, Hans
  • Fante, John
  • Fauser, Jörg
  • Ferrer-Arpí, Josep M.
  • Filosofia
  • Flaubert, Gustave
  • Fois, Marcello
  • Ford, Richard
  • Foster Walace, David
  • Francès
  • Fuster, Joan
  • Gaige, Amity
  • Garcia, Yannick
  • Gaskell, Elisabeth
  • Gaziel
  • Gide, André
  • Ginzburg, Natalia
  • Goethe, Johann Wolfgang
  • Gógol, Nikolai
  • Gombrowicz, Witold
  • Greene, Graham
  • Grossman, Vassili
  • Gruda, Joanna
  • Gual, Anna
  • Gual, Antoni
  • Guansé, Domènec
  • Hamid, Mohsin
  • Hardy, Thomas
  • Hašek, Jaroslav
  • Helgason, Hallgrímur
  • Hemingway, Ernest
  • Hesse, Hermann
  • Hilton, James
  • Homar, Joan Manuel
  • Hrabal, Bohumil
  • Hustvedt, Siri
  • Infantil
  • Inoue, Yasushi
  • Irla, Josep
  • Irving, John
  • Isaak Babel
  • Ishiguro, Kazuo
  • Jaccottet, Philippe
  • Jerome, Jerome K.
  • Jiménez, Àngel
  • Jin, Ba
  • Josipovici, Gabriel
  • Joyce, James
  • Juan Arbó, Sebastià
  • Kafka, Franz
  • Kandinski, Vassili
  • Kashua, Sayed
  • Kawabata, Y i Mishima, Y
  • Kawabata, Yasunari
  • Kawakami, Hiromi
  • Kazantzakis, Nikos
  • Keegan, Claire
  • Kelman, Stephen
  • Kierkegaard, Søren
  • Köhlmeier, Michael
  • Kotzwinkle, William
  • Krien, Daniela
  • Kucinski, Bernardo
  • Lafayette, Madame
  • Le Carré, John
  • Lemaitre, Pierre
  • Lethem, Jonathan
  • Levé, Édouard
  • Li, Aina
  • Lipszyc, Rykka
  • Llibre de viatges
  • Llobera, Laia
  • Llompart, Josep M.
  • Llop, Roc
  • Llort, Lluís
  • Lluís, Joan-Lluís,
  • López Bofill, Hèctor
  • López Rovira, Carles
  • Lozano-Seser, Jovi
  • Maalouf, Amin
  • Maarouf, Mazen
  • Macdonald, Helen
  • MacShane, Frank
  • Manent, Albert
  • Manning, Frederic
  • Marçal, Maria-Mercè
  • Màrquez, Eduard
  • Martí i Pol, Miquel
  • Martín Ramos, José Luis
  • Martín, Andreu
  • Martinez i Lopez, Laia
  • Maugham, W. Somerset
  • Mauro, Ezio
  • McDermott, Alice
  • McEwan, Ian
  • Mèlich, Joan-Carles
  • Melville, Herman
  • Meyerhoff, Joachim
  • Michaels, Leonard
  • Mikhalopulu, Amanda
  • Mishima, Yukio
  • Modiano, Patrick
  • Monsaingeon, Bruno
  • Montellà, Assumpta
  • Moreno, Marc
  • Munar, Jaume
  • Munro, Alice
  • Murakami, Haruki
  • Murgia, Michela
  • Murià, Anna
  • Mwanza Mujila, Fiston
  • Nabokov, Vladimir
  • Narració / narracions
  • Ndiaye, Marie
  • Nietzsche, Friedrich
  • Notas de lectura
  • Notes de diari
  • Notes de lectura
  • Novel·la
  • O’Connor, Joseph
  • Ôe, Kenzaburô
  • Oller, Narcís
  • Ordine, Nuccio
  • Orriols, Marta
  • Óssipov, Maksim
  • Pairolí, Miquel
  • Parcerisas, Francesc
  • Parlem-ne
  • Pasqual, Marta
  • Pedrolo, Manuel de
  • Petruixévskaia, Liudmila
  • Pi i Margall, Francesc
  • Pietrelli, Lucia
  • Piumini, Roberto
  • Pla, Josep
  • Pla, Xavier
  • Platónov, Andrei
  • Plini el Jove
  • Poca Gaya, Josep
  • Poesia
  • Poésie Québécoise
  • Pons Alorda, Jaume C.
  • Pons, Ponç
  • Ponsatí-Murlà, Oriol
  • Porta, Carles
  • Pou i Pagès, Josep
  • Pous, Teresa
  • Preston, Paul
  • Proust, Marcel
  • Pruitt Stewart, Elinore
  • Puig, Pep
  • Puigdevall, Ponç
  • Puigventós, Eduard
  • Pujol, Adrià
  • Quick, Matthew
  • Rahola, Pilar
  • Ramis, Llucia
  • Rebassa, Carles
  • Renard, Jules
  • Rhodes, James
  • Rilke, Rainer Maria
  • Rius i Sant, Xavier
  • Robbe-Grillet, Alain
  • Roca, Maria Mercè
  • Rodoreda, Mercè
  • Roger, Marie-Sabine
  • Roig, Montserrat
  • Roth, Joseph
  • Rovira i Virgili, Antoni
  • Russell, Karen
  • Sabaté, Víctor
  • Saint-Exupéry, Antoine de
  • Sales, Joan
  • Salord, Maite
  • Salter, James
  • Salvat, Ricard
  • Sanahuja Yll, Eduard
  • Sand, George
  • Santesmases i Ollè, Josep
  • Sanuy, Carles M.
  • Saunders, George
  • Schmitt, Eric-Emmanuel
  • Scholem, Gershom
  • Seksik, Laurent
  • Sèneca
  • Serra, Michele
  • Serrahima, Maurici
  • Shriver, Lionel
  • Sinclair, May
  • Smith, Ali
  • Sobre literatura
  • Soldevila, Ferran
  • Soler, Joaquim
  • Soljenitsin, Aleksandr
  • St. Aubyn, Edward
  • Stănescu, Nichita
  • Steinbeck, John
  • Stendhal
  • Strout, Elizabeth
  • Styron, William
  • Sunyol, Víctor
  • Susanna, Àlex
  • Szymborska, Wisława
  • Tanner, Haley
  • Tasis, Rafael
  • Tavares, Gonçalo M.
  • Teatre
  • Thiong’o, Ngũgĩ wa
  • Thurber, James
  • Todó, Lluís Maria
  • Tolstoi, Lev
  • Torga, Miguel
  • Torné, Gonzalo
  • Torra, Quim
  • Torres, Màrius
  • Tort , Joan
  • Trabal, Francesc
  • Triadú, Joan
  • Tries literàries
  • Trojanow, Ilija
  • Tsvietáieva, Marina
  • Tulli, Magdalena
  • Turguénev, Ivan
  • Twain, Mark
  • Txékhov, Anton
  • Unseld, Siegfried
  • Vallbona, Rafael
  • Valor, Enric
  • van Mersbergen, Jan
  • Vicens Vives, Jaume
  • Vicens, Antònia
  • Vidal Ferrando, Antoni
  • Viladot, Guillem
  • Villatoro, Vicenc
  • Vinyoli, Joan
  • Vogt, Silvana
  • Voltaire
  • von Arnim, Elizabeth
  • von Schirach, Ferdinand
  • Vonnegut, Kurt
  • Waugh, Evelyn
  • Wilde, Oscar
  • Wolfe, Thomas
  • Woolf, Virginia
  • Xammar, Eugeni
  • Yoshimoto, Banana
  • Zamiatin, Ievgueni
  • Zweig, Stefan

Recent Posts

  • Notes d’un dietari: 22 de gener del mmxxvi
  • Notes d’un dietari: 21 de gener del mmxxvi
  • Notes d’un dietari: 3 de juliol del mmxxv
  • Notes d’un dietari, 2 de juliol mmxxv
  • Diaris complets (I: El Somriure de l’atzar), Feliu Formosa, Quip Pro Quo Edicions, 2024

Recent Comments

  1. JOAN DURAN -1, poema ‘Senyes VI’ – TornaveuPoètic | Poesia en veu pròpia a Nua cendra, Joan Duran i Ferrer
  2. LLUIS CASALS, poema ‘Éxode’ – TornaveuPoètic | Poesia en veu pròpia a L’esclat que ara m’ofrenes. Obra poètica, Lluís Casals
  3. LLUIS CASALS, poema ‘Éxode’ – TornaveuPoètic | Poesia en veu pròpia a L’esclat que ara m’ofrenes. Obra poètica, Lluís Casals
  4. MARGARITA BALLESTER, poema ‘Alforja IV’ – Veu de BERTA GIRAUT – TornaveuPoètic | Poesia en veu pròpia a Els ulls, Margarita Ballester, Cafè Central / Eumo Editorial, 2018
  5. PHILIPPE JACCOTTET, poema ‘L’hiver’, en la veu de l’autor – TornaveuPoètic | Poesia en veu pròpia a L’ignorant Poemes 1952-1956, Philippe Jaccottet, Lleonard Muntaner, 2016

Copyright © 2026 Xavier Serrahima: el racó de la paraula.

Powered by PressBook WordPress theme