NOTES DEL DIETARI
20 d’agost del mmxxvi
Les gratitudes, Delphine de Vigan
Vraiment, mais vraiment vraiment, nous sommes censés croire que Delphine de Vigan fait partie des grands auteurs français contemporains ?
Qu’elle fait partie de ceux qu’il faut absolument lire ?
Il y a quelque temps, j’avais lu D’après une histoire vraie et ce livre ne m’a pas entièrement convaincu.
En fait, quand je l’ai terminé, j’ai eu l’impression qu’il s’agissait en quelque sorte d’une farce, d’une tromperie. Une tromperie très bien ficelée, très bien structurée, mais une tromperie tout de même.
Autrement dit, que l’œuvre semblait bien plus qu’elle était en réalité. Tout au long du récit, l’autrice nous a joué un tour de passe-passe, nous faisant croire une chose tout en nous en proposant une autre.
En faisant croire que ce qu’elle nous proposait relevait de la grande littérature, avec un talent indéniable pour nous le faire croire, pour nous tenir en haleine jusqu’à la fin, mais en nous livrait en réalité une œuvre de qualité moyenne, voire carrément discrète.
Peut-être que je devrais en parler plus en détail un jour. Je ne l’avais pas fait à l’époque, mais je pense aujourd’hui que ce serait une bonne idée.
Je pense que l’une de mes fonctions en tant que critique littéraire — même si je suis le seul à me l’attribuer — elle (m)’exige que je fasse la distinction entre un œuf et un bœuf.
Surtout quand la plupart des gens sont convaincus qu’est un bœuf.
Les gratitudes
Quant à Les gratitudes, ce sentiment de déception, d’œuvre méritoire, n’a duré que très peu, très, très peu.
Le début m’a déjà largement suffi. Dès que je suis arrivé à la fin du premier paragraphe et que je suis tombé sur ces phrases : “Vous êtes-vous déjà demandé combien de fois dans votre vie vous aviez réellement dit merci ? Un vrai merci. L’expression de votre gratitude, de votre reconnaissance, de votre dette”, pàg. 11.
À partir de ce moment, que nous en soyons conscients ou non en tant que lecteurs, tout a déjà été dit. Même si elle le fait de manière énigmatique — ou plutôt trompeuse —, l’autrice a abattu ses cartes : il s’agit ici de rembourser une dette, et non d’écrire une œuvre littéraire.
De rembourser une dette et, ce qui est encore plus grave, de nous envoyer un message, de transformer le livre en sermon, en sermon sur ce qui est bien et ce qui est mal.
Plus précisément, le devoir — un devoir moral, bien sûr, de ceux que rien ne peut compenser ; celui qui devrait nous faire honte si nous manquons à notre obligation, si nous ne l’accomplissons pas scrupuleusement — que nous avons de prendre soin des personnes âgées ; surtout si elles font partie de notre famille ou si elles se sont comportées comme si elles en faisaient partie.
Au lieu d’un texte littéraire, nous faire la leçon :
Aujourd’hui, une vieille dame que j’aimais est morte.
Je disais souvent : « Je lui dois énormément. » Ou : « Peut-être que sans elle, je ne serais plus la. »
Je disais : « Elle compte beaucoup pour moi. »
Compter, devoir, est-ce ainsi que se mesure la gratitude ?
Mais l’ai-je assez remerciée ? Ai-je suffisamment montré ma reconnaissance ? Ai-je été assez proche, assez présente, assez constante ? (pàg. 12)
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